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lundi 2 mars 2026

Trois ans après : de la coordination à la mise en œuvre

Trois ans après son lancement, la Coalition pour une Afrique numérique poursuit ses travaux techniques coordonnés sur tout le continent. Cet anniversaire donne l’occasion de faire le bilan des objectifs atteints et de se tourner vers l’avenir.

Volet 1 : Infrastructure DNS robuste

Le renforcement du système des noms de domaine (DNS) demeure un élément central des travaux de la Coalition. Via le déploiement de deux grappes de serveurs racine opérationnels à Nairobi (novembre 2022) et au Caire (octobre 2023), les capacités des serveurs racine ont été rapprochées des utilisateurs du continent. Environ 77 % des requêtes de l’Afrique envoyées à la racine L sont désormais traitées par les deux grappes. Avant le déploiement, on estimait à 35-40 le pourcentage de ces requêtes résolues en dehors de l’Afrique, ce qui signifie qu’une part importante du trafic se fait désormais sur le continent.

De plus, deux instances du serveur racine L unique hébergées en Libye et en Afrique du Sud ont fait encore davantage augmenter la part des requêtes de serveur racine résolues localement. Ces travaux renforcent la sécurité et la stabilité du DNS dans les pays participants ainsi que la résilience régionale.

Des progrès ont été réalisés en matière de sécurité du DNS via des campagnes itinérantes d’information sur les extensions de sécurité du système des noms de domaine (DNSSEC) et un suivi du soutien au déploiement. Les domaines de premier niveau géographiques (ccTLD) du Cameroun, du Burkina Faso et du Burundi possèdent désormais des DNSSEC. Cette dynamique se poursuit avec d’autres ccTLD africains et de futurs déploiements sont en cours. Le développement de nouveaux ccTLD est planifié en collaboration avec l’Union africaine des télécommunications. Des essais pratiques, la fourniture de documents et un accompagnement opérationnel ont permis de soutenir une mise en œuvre durable et non pas une activation ponctuelle.

Des projets de renforcement du point d’échange Internet au Bénin, au Malawi, au Rwanda et à Madagascar ont soutenu l’acheminement local du trafic, en réduisant les dépendances internationales inutiles.

 

Volet 2 : Connectivité significative

La connectivité seule ne garantit pas que les systèmes de messagerie, les sites web et les applications connectées à Internet fonctionnent tel que prévu. Les systèmes doivent reconnaître les noms de domaine et adresses de courrier électronique dans différents scripts et langues, et le trafic local doit continuer à être acheminé, autant que possible, via des réseaux locaux. Ce volet s’attaque à ces lacunes opérationnelles.

La mise en œuvre de l’acceptation universelle (UA) s’est accrue au sein d’établissements d’enseignement supérieur africains. Plus de 300 universités exploitent désormais des systèmes de messagerie compatibles avec l’UA et plus de 130 sites web d’universités ont adopté l’UA. L’UA a été intégrée dans les programmes d’études de plusieurs établissements, en transposant directement les normes interopérables en formation technique.

Grâce à l’initiative Préparation à l’UA et à l’internationalisation des adresses de courrier électronique, le nombre d’établissements dont la messagerie est prête est passé de 282 à 302, tandis que le nombre d’établissements dont le site web est prêt est passé de 54 à 145. Des ateliers organisés au Ghana, en Namibie et au Maroc ont permis de former des représentants TIC aux configurations compatibles avec l’UA, passant ainsi de la mise en œuvre à la pratique quotidienne.

 

Volet 3 : Renforcement des capacités

Une infrastructure n’est durable que lorsque des établissements peuvent en assurer la gestion et la gouvernance efficacement. Au cours des trois dernières années, la Coalition a procédé à un renforcement ciblé des capacités pour les registres ccTLD africains, dans les domaines de la gouvernance, des opérations techniques, de la sécurité du DNS et de la durabilité commerciale. Un volet lusophone dédié, assuré en portugais, a permis d’apporter un soutien à des registres basés au Mozambique, en Angola, à Sao Tomé-et-Principe, au Cap-Vert et en Guinée-Bissau. Une formation en présentiel à Maputo et des ateliers à distance organisés parallèlement à des événements régionaux, tels que le festival Africa Law Tech et le Congrès mondial de la téléphonie mobile à Kigali, ont contribué au renforcement des capacités opérationnelles.

Un soutien a également été apporté aux autorités de réglementation, aux professionnels du secteur juridique, aux législateurs et aux représentants gouvernementaux via un renforcement ciblé des capacités. En 2024, des ateliers proposés aux parlementaires et aux gouvernements ont rassemblé plus de 40 participants provenant de plus de 15 pays africains, ces ateliers combinant discussions politiques et séances techniques pratiques afin de promouvoir une participation éclairée aux discussions sur la gouvernance de l’Internet. L’ICANN a également apporté son soutien à un dialogue régional sur la gouvernance de l'Internet organisé par Smart Africa dans le cadre de son projet phare sur la gouvernance de l'Internet. Au cours de ce processus, Smart Africa a présenté un projet de plan d’action sur la gouvernance de l’Internet en marge de la réunion de l’ICANN84 à Dublin (octobre 2025). Cet engagement s’est poursuivi dans des forums régionaux et mondiaux de sorte à pérenniser la participation.

L’étude sur le secteur des noms de domaine en Afrique a fourni un aperçu fondé sur des données de l’écosystème des noms de domaine du continent, proposant une base de référence à des fins de développement futur et d'établissement de priorités en matière d’investissement. Tout le long, l’accent a été mis sur le fait de veiller à ce que les institutions puissent exploiter et régir ces systèmes en toute indépendance et participer efficacement aux processus de gouvernance de l’Internet à l’échelle régionale et mondiale.

 

Prochaines étapes

Les activités de la Coalition sont désormais menées dans plus de 34 pays africains, touchant plus de 62 % de la population du continent via les efforts combinés de quatorze partenaires mondiaux, régionaux et africains. Les réalisations restent étroitement liées à des partenariats régionaux et un engagement national.

La Coalition continuera d’assurer la coordination des réalisations entre les partenaires à mesure que la mise en œuvre s’intensifie sur le continent. Le déploiement d’infrastructures sera renforcé là où demande et capacité sont au rendez-vous. L’acceptation universelle sera intégrée dans les pratiques institutionnelles habituelles et le renforcement des capacités restera étroitement lié aux résultats opérationnels.

Pour un aperçu complet des projets exécutés depuis le lancement, y compris les activités menées à l’échelle nationale et les déploiements en cours, rendez-vous sur https://coalitionfordigitalafrica.africa/.

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